L’après COP 21 : et maintenant ?

« En comparaison de que cela aurait pu être, cet accord est un miracle. En comparaison de ce qu’il aurait dû être, c’est un désastre », estime le quotidien britannique The Guardian.
Depuis une semaine, l’accord de Paris a été longuement discuté, décrypté, critiqué et analysé par les ONG, mais aussi par différents experts économiques ou politiques. Voici une sélection d’articles de fond pour comprendre les débats autour de cet accord « historique » – mais pas vraiment.

De ce traité, deux lectures sont possibles: « Si l’on pense relativement, on constate des « avancées ». (…) Mais si l’on pense dans l’absolu, alors l’accord n’est pas à la hauteur. » Pour Greenpeace, l’accord de Paris offre un cadre et des perspectives « mais rien de contraignant ». La COP21 aura démontré, malgré elle, que l’acteur du changement, c’est bien la société civile.

Pour Juliette Boulet, chargée de campagne Climat chez Greenpeace Belgique, les résultats de la COP21 seraient un objectif ambitieux mais des plans nationaux faibles, ainsi qu’un bilan belge qui laisse à désirer.

Pour les diplomates, cet accord est « universel, ambitieux, juste et contraignant ». Attac démontre qu’on en est en loin.
« Les États ne sont pas prêts à enclencher la « révolution climatique ». L’accord de Paris franchit les « lignes rouges » fixées par la société civile !
Dans des moments difficiles, on attend d’une conférence internationale qu’elle prenne des décisions courageuses et visionnaires. Ce n’est pas le cas à la COP 21, avec un accord très en dessous du changement de cap requis. »

Le RAC (Réseau Action Climat) a aussi émis des critiques : pour lui, c’est une étape politique importante, mais tout reste à faire.

Frédéric Chomé, expert carbone, et directeur de Factor X relève pour sa part les différents points qui posent problème dans l’accord de Paris pour l’émission « Alors on change » (RTBF) .

« Paris enclenche un cercle vertueux », estime Laurence Tubiana, ambassadrice française pour le climat. Un entretien à lire dans le journal Libération.

« Comment envisager l’après COP21 sans retomber dans les travers de Kyoto ? » Le quotidien économique Les Echos propose des pistes pour répondre à ce défi.

Amplifier la pression et multiplier les initiatives. Ce sont, aux yeux de l’économiste Jean Gadrey, les seuls moyens pour éviter le scénario du pire. Il propose un portefeuille de réactions à l’accord de Paris.

« Face au réchauffement climatique, il faut aller bien plus vite » annonce Christian de Perthuis, professeur associé à Paris Dauphine et fondateur de la chaire économie climat. Pour lui, il faut accélérer le mouvement par une tarification carbone.

Droits humains et sécurité alimentaire se retrouvent parmi les oubliés de l’accord de Paris. Le CCFD- Terre solidaires analyse cet aspect de l’accord.
Son président Guy Aurenche, ancien avocat à la Cour d’Appel de Paris, spécialiste des droits civils, pénaux et humains, propose un billet sur son blog dans lequel il revient sur ces questions.

« Après la COP21, la vitesse de déploiement des énergies vertes en Afrique va doubler ». Un entretien du Malien Seyni Nafo, porte-parole du groupe africain à la COP21, à lire dans Jeune Afrique.

Pour Khaled Igué, président de Think Tank Club 2030 Afrique, la COP 21 est « une victoire à la Pyrrhus ». Il revient sur les points de l’accord qui ne correspondent pas aux attentes de l’Afrique.

A lire aussi l’accord de Paris expliqué par Véronique Rigot, chargée de recherche environnement et développement pour le CNCD – 11.11.11. Vous retrouverez son carnet de bord sur la COP21 dans notre prochain numéro d’Imagine. Elle y raconte ces deux semaines de négociations intenses vues de l’intérieur.

Pour Geneviève Azam, maître de conférences en économie et chercheuse à l’Université Toulouse II, membre du conseil scientifique de l’organisation Attac France, la COP21 a été « neutralisée ». « Cette fois, les rapports de forces ne se sont pas exprimés. »

Ce qu’il ressort incontestablement de tous ces commentaires, c’est qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour atteindre les objectifs énoncés sur papier.
Politiques, entreprises, associations et citoyens, c’est maintenant à chacun de s’engager et d’agir en faveur d’une justice climatique respectueuse de notre planète.
Plus que jamais, les mouvements de mobilisation poursuivent leurs actions. Ainsi, 350.org organise déjà sa campagne « Mai 2016 – Libérons-nous des énergies fossiles : mouvement mondial de résistance pour laisser le charbon, le pétrole et le gaz sous terre ».
A côté de ces grandes manifestations, ce sont surtout des milliers de petites initiatives créatives, individuelles ou collectives, que l’on voit fleurir partout dans le monde, dans l’espoir d’un avenir plus vert…
Oriane Renette (st.)

Hajnos
Par Hajnos, publié sur Place to B.
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